Jean Michel Fauvergue, au moment des attentats de Paris, ce nom exprimait pour la totalité de la population beaucoup de respect. En effet cet homme a effectué la majorité de sa carrière dans la police nationale de 1978 à 2017.

Ces principaux faits d’armes étaient les attentats de janvier et novembre 2015 en tant que chef du Raid de 2013 à 2017. Il a été fait Chevalier de la légion d’honneur en 2010, Officier de l’ordre du Mérite en 2015, Médaille de la sécurité intérieure pour les attentats de 2015 et médaille d’honneur de la Police Nationale… toutes ces distinctions évidemment pour le commun du mortel -moi le premier- forcent le respect et avant d’enquêter pour le livre que j’ai écrit sur les dessous du Bataclan, je louais les services de ce « grand policier ».

Peu de temps après l’assassinat de ma fille, j’ai reçu et je ne suis pas le seul à l’avoir reçue, une lettre recommandée et entièrement anonyme qui m’indiquait les manquements du Raid lors de ces terribles attentats et notamment ceux de son chef qui n’ont pas manqués de révolter plusieurs membres de cette unité d’élite de la police nationale Française.

Cette lettre anonyme nous décrivait les actions ou plutôt le manque d’action dont ses membres et leur chef en particulier ont fait preuve lors de cet horrible attentat.

Ces gens surentrainés n’admettent pas et n’ont jamais admis les heures d’attente passées inactifs dans leurs cars alors qu’ils étaient tous équipés, prêts à intervenir pendant que des otages se faisaient lâchement exécutés ; Ils n’attendaient qu’une chose : un ordre de leur chef… ordre qui n’est jamais venu et qui ne viendra pas… et beaucoup de ces hommes encore aujourd’hui demeurent frustrés et lui en tiennent rigueur.

Ceux que j’ai pu rencontrer et interviewer n’ont pas hésité à le traiter de « dégonflé et de peureux » et là en ce qui me concerne le mythe est tombé ; celui que j’admirais n’était, aux dires de ces hommes, qu’un pleutre qui ne cherche qu’à attirer les honneurs sur sa personne…

Je peux témoigner que ceux du RAID qui sont rentrés dans le Bataclan lui en veulent terriblement… il y a peu encore j’avais beaucoup de mal à le croire… jusqu’au jour où j’ai appris que le policier qui avait réussi à « loger » Abaaoud (surnommé le boucher de Raqqa) rue du Morillon à Saint Denis avait été suspendu… là encore après enquête ce valeureux policier avait repéré Abaaoud qui s’était réfugié à Saint Denis. C’est un fait d’armes salué par tous les policiers de l’anti-terrorisme ; ce fonctionnaire de la SDAT (Sousdirection antiterroriste – NDLR) , s’était réfugié dans l’appartement jouxtant celui où logeait Abaaoud ; il l’a même croisé dans un couloir… c’est lui qui a guidé le Raid avant leur intervention. Ce policier très bien noté par sa hiérarchie, complimenté personnellement pour son investissement exceptionnel, félicité à de nombreuses reprises par différents directeurs de la PJ et médaillé d’argent pour acte de courage et de dévouement, à qui l’on avait promis la légion d’honneur pour avoir localisé le coordinateur des attentats de Paris a fait l’objet d’une suspension et c’est le chef de la SDAT aujourd’hui affecté à la direction centrale de la PJ qui a depuis récolté tous les honneurs… du coup pour services rendus à la société il ne touche plus que 700 € par mois et endetté à hauteur de 80.000 €. Cela, d’après ce que j’ai pu savoir, est très courant dans ce petit monde de la police : on envoie des lampistes au charbon et ce sont les chefs qui sont encensés. De suite j’ai fait le parallèle avec ce que m’avaient dit les hommes du RAID que j’ai pu rencontrer, de sorte que je suis désormais certain que ces hommes disaient la vérité concernant Jean Michel Fauvergue.

Vous voyez cet homme que beaucoup -et moi le premier- admirait tant n’est pas aussi lisse qu’il veut bien le montrer. Depuis son départ de la police Jean Michel Fauvergue est devenu député LREM de la 8° circonscription de Seine et Marne et là aussi il s’est rendu célèbre lors d’un débat sur l’islam et les prêches en arabe dans certaines mosquées… il n’a eu comme réponse que « il y a des prêches qui se font en latin » cette comparaison n’a pas manqué de faire polémique…

Patrick Jardin

Patrick JARDIN

Patrick JARDIN

Père de Nathalie assassinée par des islamistes

Un commentaire de Frank Martin (Directeur de Publication)

Dans quelques semaines va se dérouler le procès des attentats du 13 NOVEMBRE 2015 dont celui du Bataclan. Pour Patrick Jardin, ce sera encore une épreuve difficile car il va devoir revivre l’assassinat de sa fille Nathalie. 

Nul doute que pendant les longs mois de ce procès, Patrick Jardin sera présent à chaque audience pour ce qui l’anime le plus au monde, l’honneur de sa fille. Comme toutes les victimes ou proches des victimes, il en sortira épuisé, meurtri, fatigué psychologiquement, quant au verdict en sera-t-il satisfait, l’histoire nous le dira. 

Patrick Jardin s’est fait connaître du grand public en interpellant devant le Bataclan le premier ministre Manuels Valls qui rétorqua « Pas devant les caméras », à un père qui recherchait en vain sa fille, puis par son combat courageux pour faire interdire le concert du rappeur Médine au Bataclan.

Un courrier anonyme lui fût adressé comme à certains avocats de familles de victimes dans lequel était remis en cause le courage et indiquait les manquements de commandement de Jean-Michel Fauvergue en sa qualité de patron du RAID lors de l’intervention. 

Mais la dénonciation ne s’arrêta pas à un simple courrier, des hommes du Raid ont tenu à rencontrer Patrick Jardin pour lui dire de vive voix à quel point ces derniers étaient écœurés de l’attitude de leur chef. 

Le livre « Témoin » de Sonia avec la journaliste Claire Andrieux (Aux éditions Robert Laffont) montre que, sans cette femme qui a donné aux services de Police les informations nécessaires pour arrêter Abdelhamid Abaaoud, une nouvelle série d’attentats auraient été commis sur notre sol par ce dernier et apporte un éclairage sur les failles du renseignement. 

Alors ce pose la question légitime :  comment Abdelhamid Abaaoud est-il passé sous tous les écrans radars des services de renseignements et comment pouvait-il se planquer tranquillement à Saint-Denis ?  Sans « Sonia » il est fort probable qu’Abaaoud aurait exécuté son attaque dans le centre commercial de la Défense.

Le profil des terroristes islamiques depuis Khaled KELKAL a révélé non seulement des connexions avec la délinquance de droit commun des zones de non-droit mais aussi l’hybridation de la délinquance de masse vers le terrorisme.

Ainsi, la menace terroriste a changé de nature, elle est devenue protéiforme, plus ou moins inorganisée ; les repères classiques tirés de l’observation d’organisations traditionnelles historiques comme Action Directe ont volé en éclat. Les motifs entre délinquance et passage à l’acte terroriste sont de plus en plus difficiles à déceler et mettent en défaut aussi bien les principes du renseignement prévisionnel que ceux du renseignement opérationnel.

Le suivi des individus de la mouvance islamique fichés « S » dans le FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste – NDLR) s’inscrit dans le principe du renseignement prévisionnel qui permet d’anticiper des évènements terroristes susceptibles de se produire afin de préparer les réactions de l’autorité administrative et judiciaire les plus appropriées.

Malgré les moyens techniques modernes, le renforcement en moyen humains des services du renseignement, il semble pertinent de constater que le nombre exponentiel de fichés « S » ce qui parait être un truisme annihile l’action de la lutte anti-terroriste. Chaque attentat et massacre commis sur notre sol mettent en lumière des erreurs d’appréciation, des problèmes d’organisation de services et des cloisonnements encore très présents.

Face à la récurrence et à l’amplification de la menace, il semble impératif de redonner à l’État tous les moyens juridiques et opérationnels pour combattre le terrorisme islamique sur le territoire national. Au-delà de l’impérieuse nécessité de « terroriser les terroristes » pour paraphraser un ancien ministre de l’intérieur, le gouvernement de Jean Castex devrait s’inspirer de cette maxime de Sun TZU tiré de « l’Art de la Guerre » suivante :

« Si le prince éclairé et le général avisé défont l’ennemi chaque fois qu’ils passent à l’action, si leurs réalisations surpassent celles du commun, c’est grâce à l’information préalable. »

Mais hélas, on a bien compris que le projet de loi contre le séparatisme ne se cantonnait qu’à des effets d’annonces et non à des actes pour briser l’ennemi islamique, quant au projet de Dupond-Moretti, ce dernier n’a pour vocation principale que de renforcer les droits de la défense.

En sa qualité de député de la nation, Jean-Michel Fauvergue nous a montré qu’il était un traitre à l’institution policière en votant le projet de loi du garde des sceaux Dupond-Moretti… Mais, au fond, cet ancien commissaire divisionnaire a-t-il au cours de sa carrière traité beaucoup de procédures judiciaires ? De cela je doute profondément !!!

Nos élites politiques et journalistiques sont obsédées par le moralisme… Aujourd’hui où notre liberté d’expression s’étiole, il était inconcevable de ne pas remettre les pendules à l’heures sur l’ex patron du Raid.

 

Alors, Jean-Michel Fauvergue aurait-il le courage de réagir au « cri » de Patrick Jardin ou restera-t-il muet comme une carpe comme il l’a si bien fait au courrier du Commissaire Divisionnaire honoraire Maurice Signolet ???