D’après Philippe Francheschi

La sécurité est la première des libertés. L’affaiblissement de l’autorité de l’État est à l’origine de l’enracinement de l’insécurité, du terrorisme islamiste et de l’islam radical sur notre sol. La droite a été incapable de prendre les mesures qui s’imposaient lorsqu’elle était au pouvoir tandis que la gauche est restée prisonnière de choix absurdes et dogmatiques. Résultat : une politique pénale laxiste, la victimisation des délinquants, le désengagement de l’État, l’affaiblissement moral et matériel des armées, de nos forces de sécurité intérieure et de notre justice. Les Français attendent un état fort ainsi qu’une politique plus efficace et offensive face à la dégradation de la situation sécuritaire. En un mot, l’inversion de la courbe de l’insécurité et l’éradication du séparatisme islamiste partout sur le territoire. Cela demandera un véritable plan d’action national et une politique pénale répressive sans faille.

Retrouver notre souveraineté et une politique étrangère qui renoue avec l’intérêt supérieur de la nation

Notre sécurité est globale et dépend d’abord de notre politique étrangère. Or, en Syrie et en Libye, nos initiatives hasardeuses et notre aveuglement ont permis l’enracinement de l’État islamique qui s’est aujourd’hui installé dans toute la zone sahélienne, nous obligeant à nous y engager militairement et à nous y embourber. L’Union européenne (UE) y a brillé par son absence de soutien. Cette situation chaotique est à l’origine d’une vague d’immigration incontrôlée que l’UE n’arrive toujours pas à endiguer et qui alimente le terrorisme sur notre propre territoire par effet de contagion. La volonté turque de renaissance d’un empire ottoman n’y est pas étrangère non plus. D’autre part, nous ne réussissons pas à faire valoir notre intérêt en matière de protection des frontières et de quotas de « migrants » que l’Union européenne veut nous imposer coûte que coûte. Et que dire de l’absence d’Europe de la défense au sein de l’OTAN, alors que notre armée en est réduite à la portion congrue et que nous n’avons plus de conscription, dans un monde devenu de plus en plus dangereux. Enfin, nous avons aussi réussi le tour de force d’être en froid avec la Russie alors qu’elle devrait être un partenaire essentiel de l’Union européenne dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Réarmer matériellement et moralement la Justice, les forces de sécurité intérieure et les forces armées

Des lois de programmation pluriannuelles justice et sécurité seront mises en œuvre. L’augmentation de la criminalité et de la délinquance doit être jugulée, ce qui nécessite impérativement de réinvestir les territoires abandonnés et de rénover notre système pénal trop laxiste, maillon faible du dispositif et de donner à la Justice et aux forces de l’ordre les moyens d’un fonctionnement efficace et efficient. Si le risque terroriste islamiste provenant du retour des djihadistes du Levant est toujours prégnant, le risque terroriste endogène provenant du séparatisme islamiste de français ou d’étrangers présents sur notre sol ou encore sortant de prison devient de plus en plus évident et constitue le risque principal. Nous devons en tenir compte dans les mesures préventives à mettre en œuvre ainsi que dans l’organisation de nos services de renseignement. Nous devons également encore renforcer notre législation spécifique au domaine terroriste. Le soutien spécifique des forces armées ne sera pas abordé dans le présent document, un groupe de travail spécifique y étant consacré.

Éradiquer le séparatisme islamiste par une laïcité affermie

Le respect d’une laïcité aux contours mieux définis dans notre Constitution fait aussi partie d’une sécurité globale. C’est un excellent angle d’attaque contre le séparatisme islamiste. Nous avons dans notre histoire l’exemple de ce que fit Napoléon pour les juifs de France par les décrets de 1808 contenant certaines contraintes afin de faciliter leur assimilation. Afin de marginaliser les fondamentalistes et séparatistes qui gagnent de plus en plus de terrain, nous devons mener une politique qui s’appuie sur les musulmans sécularisés qui revendiquent leur appartenance à la communauté nationale, qui reconnaissent la laïcité sans pour autant renier leur religion, Sur le long terme, il est aussi impératif que l’Éducation nationale retrouve sa vocation assimilationniste, de respect de la laïcité et des valeurs républicaines.

Mettre en œuvre un plan de reconquête des zones de non-droit, territoires perdus de la République.

Un objectif, le retour de la sécurité et de l’autorité de l’État dans les zones de non-droit qui se sont développées devant le recul de la puissance publique et dans lesquelles se développent le séparatisme islamiste lié à la criminalité organisée (drogues, armes, cigarettes, etc.). Cette situation n’est plus tolérable et ne se réglera pas uniquement par des mesures économiques et sociales. Cela demande un véritable plan d’action national et une politique pénale répressive sans faille.

Retrouver notre liberté d’action en matière d’immigration.

Le contrôle de nos frontières concerne tout autant la lutte contre le terrorisme islamiste, notre survie économique et sociale ainsi que la capacité d’intégration des nouveaux arrivants. Cela passe par la remise en question des textes européens concernant le droit d’asile, devenus trop laxistes et qui favorisent l’immigration régulière comme irrégulière, notamment musulmane. Il devra être envisagé également la remigration des étrangers devenus indésirables par leur comportement, séparatistes réfractaires aux valeurs de la France dont la laïcité, ou leur absence de contribution à notre économie, afin de pacifier notre société et préserver notre identité historique. C’est à ce prix que sera préservée notre civilisation.

Restaurer notre capacité d’anticipation et de gestion des crises.

La crise du Covid a montré combien notre capacité d’anticipation et de gestion des crises était délabrée. La fin de la guerre froide a marqué une rupture profonde dans le rapport de la société française à la situation de crise. Nous avons ramassé les “dividendes de la paix“ en négligeant nos capacités de réaction. Paradoxalement, les dispositifs de prévention des risques majeurs se développaient. Le sentiment de la disparition de toute menace a imprégné les esprits des élites politiques, de la technostructure, des intellectuels et finalement des masses, imposant une vision court-termiste de rentabilité et de résultat, une satisfaction de l’instantané. Nous avons donc baissé la garde et réduit nos capacités en gestion de crise tant au niveau militaire que de notre sécurité intérieure, mais aussi de notre système de santé. Nous devons réagir par l’instillation d’un état d’esprit d’anticipation et des capacités de réaction dans l’administration. Afin de faciliter son travail, nous mettrons en œuvre en interministériel une Garde nationale dont le concept d’emploi reste à créer, issue des réserves et d’un Service national universel (SNU) rénové, permettant de quadriller le territoire en cas de crise. Ce nouveau SNU obligatoire remettra à l’honneur des valeurs telles que le patriotisme, l’entraide, l’esprit d’équipe et facilitera le phénomène d’assimilation par son brassage des classes.

Cette politique nécessitera un réarmement moral et une remise à niveau de nos forces de sécurité, de notre armée et de notre Justice. Il faut redonner confiance et fixer le cap à la nation. La gauche, la droite depuis 40 ans et maintenant Emmanuel Macron ont échoué par manque de volonté et de vision. Décider, faire et obtenir des résultats doit être le maître mot de notre action. Osons la fermeté.

Philippe FRANCESCHI

Philippe FRANCESCHI

Consultant en sécurité

Ancien officier supérieur de gendarmerie et ex-responsable du projet « contre-terrorisme Sahel » de la Commission européenne, est consultant dans le domaine de la sécurité.