Si elle n’était pas animée par une froideur toute administrative et dénuée de toute sentimentalité réelle, elle ferait presque pitié cette pauvre préfète.

Semblable à son pitoyable confrère francilien, la préfète des rivages méditerranéens étale son bilan fantasmé avec une assurance de prêtresse illusoire de la sécurité, ou plutôt de l’insécurité.

Mais qui reste-t-il pour y croire vraiment ?

A l’entendre, la paix sociale règne sur la cité phocéenne depuis que notre gourou présidentiel s’est penché sur sa destinée comme une bonne fée de contes pour enfants. Comment ne pas être admiratif à l’énoncé des résultats de multiples opérations de police qui auraient mis à genoux les mauvais génies des paradis illicites.

Le triste spectacle qu’elle nous offre n’est rien d’autre que celui d’un haut fonctionnaire (vous féminiserez) cherchant désespérément à sauver sa peau, et sa tête, avant l’arrivée du sphinx régnant qui viendra contempler, le moment venu, les résultats concrets de ses imprécations divinatoires.

Ordre a été donné de faire semblant d’y croire, et les farfadets étatiques sont priés de chanter par avance et avec beaucoup d’optimisme les louanges au guide la nation.

On aurait presque de la peine pour elle si l’on ne faisait abstraction du fait que ces « gens-là » ne risquent quasiment rien à offrir le ridicule des bilans tronqués et arrangés pour la circonstance. Payés grassement, et bénéficiant du confort qu’offre la république à ses serviteurs de haut rang, ces contingents de préfets, n’ont finalement qu’un rôle véritable : celui de se substituer au discours officiel. Y compris, et surtout, lorsqu’il sombre dans le plus grand des ridicules. Mais l’adage est bien connu, le ridicule ne tue pas. La Préfète peut donc dormir sur ses deux oreilles, même navrante, elle poursuivra sa brillante carrière.

Notre office se bornera à vous dire, avec des mots simples : ce que cette dame a annoncé n’est que du vent, de la gesticulation politicienne.

Elle annonce des milliers d’arrestations ? Probablement ? Mais pour combien d’incarcérations ? Des dealers de cités ont été harcelés par des régiments de CRS et de forces de l’ordre de tous poils ? Mais pour quel résultat ?

Il n’y aurait donc plus de trafic de stup dans ces cités ?

A-t-elle évoqué le fait que des réseaux de cités sont actuellement ravitaillés par des “mules” âgées de moins de quinze ans ? Nous n’en avons pas souvenance.

Le fait est, que des gamins tout justes sortis de l’enfance sont actuellement recrutés par des réseaux de trafiquants pour passer en douce ce qui alimentera les points de deal qui ne manqueront jamais de matières premières.

A-t-elle évoqué la pauvreté du système judiciaire qui n’arrive plus à suivre ? Cela n’a pas l’air de la préoccuper puisque pour elle tout va bien et que grâce à son action et à la volonté de notre “seigneur” il n’y a pas ou plus de zones de non-droit à Marseille.

J’invite chaleureusement cette dame à se promener en simple équipage, sans gardes du corps ni escorte officielle, dans certaines rues de la cité radieuse ou dans certains quartiers bien connus pour constater avec ses petits yeux innocents que la nuit, la ville est livrée aux prédateurs et aux délinquants qui n’auront aucun scrupule à s’occuper d’elle avec toute la considération qui lui est due. Retranchée derrière les murs rassurants de la préfecture nous ne doutons pas qu’elle soit loin, bien loin de toutes ces basses considérations.

A-t-elle pensé à mentionner tous ces commissariats marseillais qui seront bientôt fermés et mutualisés faute de personnel suffisant ? Mais peut-être y aura-t-il un deuxième épisode à son intervention médiatique que l’Élysée doit apprécier à sa juste valeur.

Non braves gens. Ce (ou cette) Préfét(e) ne maîtrise pas plus la situation que ses prédécesseurs. Elle donne juste le change et récite sa leçon. Histoire de “sauver sa peau” et de préserver son avenir. Qui sait, peut-être succédera-t-elle à son homologue Didier Lallement infoutu de régler les problématiques de revente de drogue dans la capitale Française.

Ils seraient presque comiques s’ils n’étaient aussi pathétiques, et que leur incurie ne se soldait par des contingents de victimes qui doivent goûter à leur juste valeur ces gesticulations médiatiques.

Jean-Pierre Colombies

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)