Les jours et les semaines qui s’annoncent seront durs. Il n’y aurait que de doux naïfs pour s’imaginer le contraire. Le président et son aréopage de laquais le savent parfaitement. L’homme qui a nommé un préfet, qui ne craint pas la comparaison avec un certain général Galliffet, le « massacreur de la Commune », sera prêt à tout pour maintenir un ordre dont il a un besoin vital pour mener à bien ses réformes et sa conduite vers un nouveau monde dont il est seul à imaginer ce qu’il sera.

Pour ceux qui l’ignoreraient, Galliffet fût celui ordonna l’exécution sommaire des hommes aux cheveux blancs sous prétexte qu’ils étaient suspects d’avoir participé à la révolution de 1848 et donc d’être des révolutionnaires incorrigibles. C’est encore lui qui ordonna, et cette fois sans succès, que ses soldats, écarlates du sang des Communards, tirent sur les femmes réfractaires.

Ces soldats qui avaient pulvérisé les défenses révolutionnaires avaient conservé suffisamment d’honneur pour épargner celles que l’histoire des vainqueurs avait qualifiées de « pétroleuses ». Ce refus fut un des rares moments de discernement pendant un déferlement de haine comme rarement notre histoire en avait connu.  

Ce qui se déroule actuellement ne doit donc nullement être pris à la légère, car il serait surprenant que beaucoup aient conscience des risques que nous courrons aujourd’hui.

Il est évident qu’Emmanuel MACRON, qui serait donc un Thiers réincarné, n’hésitera pas à employer tous les moyens pour étouffer toute contestation populaire face à son déferlement de réformes bricolées et à sa communication hystérique.

Nous l’avons écrit et répété, cet homme ne connaît notre histoire que de façon scolaire et en a gardé une interprétation qui lui est propre et antinationale. Elle est aussi porteuse de chaos et de discorde puisqu’elle ne consiste qu’à mettre des pas maladroits dans ceux de ses prédécesseurs. Il ne crée ni n’invente rien. Il réchauffe mal des plats déjà cuisinés par d’autres. En cherchant désespérément à grignoter des voix de-ci de-là, histoire de s’assurer une victoire présidentielle face à des adversaires dont il faut reconnaître l’incroyable médiocrité.

En attendant les prochaines révoltes, nous tenons aujourd’hui à mettre en garde les forces de l’ordre qui seront confrontées aux prochaines manifestations.

Ne tombez pas dans le piège de la surréaction ordonnée par ceux qui ne risquent pas d’être tenus responsables des excès dans lesquels certains seraient tentés de tomber.

Alors que des fonctionnaires de terrain qui ont perdu leur sang-froid vont comparaître devant des tribunaux, les donneurs d’ordre comme Lallement sont décorés de la légion d’honneur.

Si quelques-uns sont ravis de pouvoir s’en donner à cœur joie pour procéder à des contrôles tous azimuts, ayez conscience que le gouffre qui sépare la citoyenneté et l’institution ne cesse de se creuser, sans que ceux contre lesquels votre mission devrait être prioritaire, à savoir les voyous, sont toujours plus épargnés par des lois scélérates promues par ceux-là même qui vous poussent vers le désastre.

C’est pourquoi nous appelons chacun d’entre vous à faire preuve du plus grand discernement dans l’exécution des ordres et instructions qui vous seront donnés.

Vous n’avez rien à gagner à vous faire haïr.

Ceux qui vous commandent, du président, au ministre, en passant par les préfets et directeurs d’emplois ne craindront jamais de rendre compte. Ce n’est pas dans l’ADN de notre histoire actuelle. Les donneurs d’ordre ne sont jamais à la barre des accusés. La culture actuelle ne consiste qu’à frapper fort sur les exécutants. Pas sur les cadres et pour cela nous avons déjà fait des mises en garde, restées lettre morte pour les plus inconscients.

Que faire pour convaincre l’ensemble d’une institution, que ni les politiciens va-t-en-guerre, ni les syndicats placés sous anesthésie, ne bougeront le petit doigt pour bloquer un processus lamentable ?

Rien de plus que ce que nous avons déjà dit, écrit et démontré.

L’institution doit d’être honorable.

Ne perdez donc jamais de vue vos devoirs Républicains envers celles et ceux que l’on doit réellement protéger.

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)