Nous voilà donc repartis pour un tour. Nous avions eu les États généraux citoyens, le Ségur de la santé, la Beauvau de la sécurité et nous voilà maintenant sommés de nous extasier devant les états généraux de la Justice.

Si l’on voulait utiliser une image un peu désuète, du spectacle qui nous est offert, nous pourrions comparer tout cela avec le « manège enchanté » que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. En effet tourne, tourne le manège préélectoral du futur candidat macron. Il n’a de solutions à aucun de nos problèmes quotidiens alors il se contente d’organiser des groupes de paroles. Histoire d’occuper les organisations syndicales pas plus productives ou les réfractaires en mal de popularité.

À l’évidence notre président start-uper remet au gout du jour des séances de thérapies collectives qui n’ont pas d’autre objectif que de gagner du temps. Et le pire, c’est que cela semble marcher.

On ne peut nier que les états généraux qui ont succédé aux manifestations des “gilets jaunes” (dissoutes au gré des groupes de paroles citoyens) ont laissé croire qu’on allait les écouter. Force est de constater qu’ils furent surtout l’occasion d’offrir au président des tribunes régulières pour diluer la colère et donner le sentiment que le peuple était compris de lui. Ce qui n’était d’ailleurs pas tout à fait faux, puisqu’il sait à quel point il y a un gouffre entre “les gens qui ne sont rien” et son Éminence Jupiter premier.

Cela étant dit, si on se donne le temps de faire le bilan de tout cela que reste-t-il ? Pas grand-chose.

Les états généraux des citoyens ? Rien, hormis quelques miettes. Sauf pour quelques citoyens qui s’étaient exprimé avec trop de sincérité et qui se sont retrouvés convoqués par les renseignements généraux. Fallait oser.

Le Ségur de la santé ? Les organisations syndicales des personnels soignants ont claqué la porte. Il faut dire que le gouvernement se serait bien contenté de les faire applaudir à nos fenêtres. Ça coute moins cher. Résultat ? Une institution dont l’effondrement se poursuivra inexorablement avec les mêmes fermetures de lits antérieurement programmées.

Le Beauvau de la sécurité ? Une vaste blague, pour ne pas dire une fumisterie qui se sera jouée avec la complicité de certaines organisations syndicales. Nous l’avons copieusement critiquée dans ces colonnes. Arguments à l’appui. Et que dire de l’amende forfaitaire à l’attention des « chouffes » de cités ? Grotesque, puisque s’il est prouvé qu’ils sont liés au trafic, ils tombent sous le coup de la complicité du trafic de drogue. CQFD. Ce gouvernement persiste à nous faire le coup de la gesticulation au lieu de l’action réelle.

Les états généraux de la justice ? Nouvelle galéjade (comme on dit à Marseille). Prévu pour durer cinq mois (Interdit de rire) et qui n’aura pas plus d’effets que le précédent Beauvau. La problématique de la justice étant la même que pour la police. Diagnostique réalisé depuis bien longtemps et même bien avant l’arrivée de Macron et de ses sbires : paupérisation récurrente et surtout programmée par un pouvoir qui ne cessera jamais de vouloir des magistrats au garde-à-vous.

À ce propos, comment ne pas rire jaune à entendre ce “cher” président qui redoute la judiciarisation de la vie politique… Sans blague ?

Juste pour recadrer et dire clairement les choses. Les “Juges” n’ont jamais été chargés de cadrer la vie politique. Ils se contentent simplement de poursuivre les indélicats qui mettent la main dans le pot de confiture ou qui jouent avec les règles de base de la démocratie.

À tous ceux qui redoutent la justice durant l’exercice de leur mandat nous nous contenterons de recommander justes quelques précautions : « Ne volez pas l’argent public. Ne commettez pas de prises d’intérêts illégales. Ne détournez pas la loi quand elle vous est défavorable. Respectez vos engagements préélectoraux (ceux-là mêmes qui vous permettent de siéger en Assemblée et d’être grassement rémunérés). Évitez d’aller fricoter avec quelques margoulins de bas étages qui vous sont si utiles en périodes électorales. La liste n’est pas exhaustive. Pour s’en assurer, se reporter aux jurisprudences Sarkozy. Celui-là même qui tente d’expliquer comment faire pour être un “super dirigeant” (celui-là il devrait faire du stand-up, il est doué).

En termes plus simples et synthétiques : Faites votre job honnêtement, et vous constaterez par vous-mêmes que vous n’aurez jamais l’occasion de croiser la route d’un juge.

Une dernière chose.

Avec la colère populaire qui gronde et ce pouvoir d’opportunistes qui se débat comme des poissons en dehors de leur bocal, vous constaterez que les porte-voix de service recommencent à nous servir la peur virale pour rester bien sages. Avec en tête de fil, ce pauvre “Gaby” ATTAL. Ne pas confondre avec “Gatsby le magnifique”. On en est loin. Il ne leur reste plus que cela pour que les “rien”, les “sans grades” se cloîtrent et se confinent le moment venu. Au coup de sifflet du proviseur Macron. Qui lui, de son côté s’en donne à cœur joie avec ses coéquipiers d’un jour. Sous les yeux énamourés de la grande prêtresse des lieux, Dame Brigitte. Exit les gestes barrières. Mais ça on le savait déjà, le COVID se détourne des stades et plus généralement du foot.

En attendant, la farce continue et les prochains épisodes ont toutes les chances d’être savoureux.

Jean-Pierre Colombiès

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)