Après les temps sauvages d’un grand Kessel, nous voilà trainés grâce à l’immense médiocrité de générations entières de politiciens égarés, dans la “gouvernance des sauvages”.

Il est pétrifiant d’assister, dans ce pays des esprits et des lettres, à des débats tout au long desquels les orateurs se posent la question de savoir qui, des voyous ou de l’État, détient aujourd’hui les clés du pouvoir ? Comment ne pas être désespéré au spectacle affligeant de ces cas de conscience que se posent nos décideurs à savoir comment endiguer l’ambition affichée et assumée de délinquants chevronnés qui ne craignent rien de la Justice ou plus généralement de l’autorité de l’État. 

En même temps il faut leur rendre justice. Le terme s’impose en la circonstance. S’il est bien une catégorie socioprofessionnelle qui respecte à la lettre la philosophie économique macronienne, ce sont bien les trafiquants de drogue. 

En effet on peut constater que l’organisation naturelle des circuits de trafics et de reventes respecte à la lettre la théorie si chère à notre président du ruissellement.

Synthétisons pour mieux illustrer le propos. Tous les importateurs « en gros », disons les grossistes, ravitaillent les semi-grossistes qui eux-mêmes fournissent leurs intermédiaires qui s’appuient sur les lieux de “deal” où une myriade de « petites mains » se sont organisée pour allécher le chaland, mettre en coupe réglée les secteurs de vente qui emploient des guetteurs ou des fournisseurs de logistique indispensable au bon déroulement d’une journée de vente. À savoir, les nourrices, les guetteurs déjà mentionnés plus haut, les fournisseurs de Kebab, les conducteurs de cyclos ou de voitures dans les cas de livraisons à domicile, etc, etc… 

Et n’oublions les nouveaux troubadours de ce monde digne du roman d’Orwell, que nous nommerons pudiquement les rappeurs, dont les douces mélodies, appellent gentiment à l’argent tout aussi facile que des “meufs” réduites à l’image de postérieurs déhanchés, quand il ne s’agit pas d’appels au meurtre assumé et claironné. 

Cela étant dit, reconnaissons que ces braves gens sont totalement fidèles dans la ligne des circuits économiques et de redistribution que prône la nouvelle idéologie politico écologique. Mais oui, car nous sommes dans un contexte de commercialisation de produit supposé être naturel et bio sans ajout de conservateurs chimiques ou de colorant divers et variés. Ce trafic permet, par ailleurs de promouvoir une économie locale que nous qualifierons de proximité ou circuit court. Chacun qualifiera le concept comme il l’entend.

Alors, pourquoi leur faire la guerre comme le dit si bien Gérald DARMANIN ? Une guerre, que d’ailleurs nous n’avons pas la moindre chance de gagner quand on sait à quel point l’organisation policière et judiciaire est démunie face à un monde de la délinquance doublement armé. Soit par une procédure toujours plus complexe, soit une absence totale et absolue de volonté guerrière du monde politique qui s’est acharné à la neutraliser. Et ce n’est pas DUPOND-MORETTI qui dira le contraire, lui qui s’est largement employé à mettre la justice à sa botte pour mieux la ralentir et la soumettre à ses intérêts propres. Mais quelqu’un lui dira-t-il un jour en face que nous ne nous sommes pas dupes et que nous ne cautionnerons pas son spectacle ministériel ridicule. 

Voyez comme il est grotesque quand il va se faire expliquer, lui que l’on nous avait présenté comme un immense pénaliste, par des greffiers ou des magistrats, à quel point leur job est rendu difficile par des processus kafkaïens et une absence totale de moyens humains et logistiques. Lui encore, qui décidait souverainement de l’agenda des tribunaux quand celui-ci ne “collait” pas à son propre programme. 

Nous admettrons tous ensemble que nous n’en sommes plus à une pitrerie de plus ou de moins.

Ni DARMANIN, ni DUPOND-MORETTI, ni notre président béni des dieux, ne savent comment régler ou appréhender le monde de la délinquance. Sauf, peut-être l’avocat-ministre, qui a longtemps tiré ses revenus confortables de ce monde de la délinquance justement. C’est probablement lui qui en sait le plus sur le sujet, et qui pourrait nous expliquer comment nous en sommes arrivés à un tel niveau de décalage entre une société civile désarmée et des bandes de voyous qui se fournissent en armes de guerre sans l’ombre d’une difficulté. 

Mais comment le lui reprocher finalement ? Il est tellement convaincant quand il joue les naïfs devant des caméras complaisantes. 

En attendant, on se flingue allègrement à Marseille, et ailleurs, à coups de Kalach ou de surin (couteau en argot), et nos chers, très chers politiciens, n’ont d’autres ressources que de nous promettre du sang et des larmes sachant qu’en dehors de cela ils n’ont rien en stock. 

Quant à notre président, qui court après une gloire que sa destinée réelle ne peut pas lui offrir, il est comme un courtisan obséquieux qui se frotterait aux statues des géants espérant probablement que de la poussière de gloire lui fera un manteau de titan.  

Et dire que nous payons des impôts, beaucoup d’impôts pour rémunérer de telles nullités. 

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)