Dans les temps anciens le monarque investi de ses pouvoirs divins guérissait les écrouelles et nettoyait les pieds des plus pauvres. Histoire de rappeler à son peuple et même au-delà qu’il détenait son pouvoir directement du seigneur. Alléluia.

Aujourd’hui, et quelques siècles après que la guillotine ait ramené nos monarques au simple rang de mortel, il faut bien trouver à celui qui exerce le gouvernement suprême qu’il reste, un peu, l’héritier de ces temps mystiques.

Voilà donc notre président, entouré d’une noria de ministres et laquais en tous genres, qui se présente dans la cité phocéenne, tel le nouveau Messie, ou plutôt un père Noël avant l’heure. Sa hotte remplie de promesses de réformes et de financement inattendus.

Car, à moins d’être d’une naïveté proche de la crétinerie, comment peut-on croire un seul instant que cette visite à grand spectacle est destinée à résoudre le moindre problème.

Ce à quoi nous avons assisté, ressemble beaucoup plus à un show électoral à l’américaine qu’à une volonté de lancer une dynamique de réforme sincère et profonde.

Mais qu’importe, ce qui compte pour le bon peuple, c’est de voir son commandant en chef, déguster des Makrouts et autres délicatesses orientales, entouré qu’il était de femmes éplorées ou de familles fracassées par un drame criminel.

Ont-ils seulement conscience qu’ils ont tous servi, à leur corps défendant, à une parodie présidentielle ? Après son départ, que restera-t-il ? Rien, du vent, des promesses de comptoir. Et tant pis pour celles et ceux qui s’imaginent que cette parodie d’action politique aura un impact quelconque.

La hotte du père Noël est vide.

Juste un exemple. La promesse de cent fonctionnaires de police supplémentaires… Lol. Cet apport de sang neuf sera loin de compenser les 130 départs à la retraite.

Idem pour l’enveloppe dédiée à la rénovation des établissements scolaires. En quoi s’agirait-il d’un cadeau ? Dans ce registre notre président se comporte comme un président assureur, mais rien de plus. Il ne restait plus qu’à enfiler un bleu de travail et de s’y mettre au rouleau de peinture. Grotesque.

Qui lui expliquera que ces destructions sont le fait de racailles locales qui n’hésiteront pas à recommencer dès que le Magic Circus présidentiel aura tourné au coin de la rue ?

Quelqu’un va-t-il lui expliquer que le corps électoral de cette cité s’accommode merveilleusement bien d’une corruption endémique ? Qui aura oublié que les bâtiments de la rue d’Aubagne étaient la propriété d’élus municipaux totalement intéressés aux profits faciles.

Quelle ironie, que de voir Samia Ghali, anciennement poursuivie pour quelques malversations financières, jouer le rôle de guide touristique dans le parc d’attractions populaires que sont les cités des quartiers nord de Marseille. La belle Samia qui ne masquait d’ailleurs pas son plaisir de tutoyer un président un peu perdu sur cette planète Marseille si éloignée du monde dont il est issu. Il lui fallait bien un guide.

De tout cela que devons-nous retenir ? Pas grand-chose. Sauf considérer que nous venons d’assister au lancement officiel de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron.

Mais rien de plus.

Jean-Pierre Colombiès

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)