Il fallait s’y attendre. Notre président jupitérien, « influenceur » et père Noël poursuit son parcours messianique en promettant monts et merveilles à des auditoires pendus à ses lèvres et avides de promesses en tous genres. Avec trop souvent la complicité passive de journalistes qui n’en n’ont plus que le nom et qui se contentent d’égrener avec ébahissement les nouvelles envolées d’un président qui privilégie le « show » plutôt que l’action.

Quel numéro, que ce discours de Roubaix qui fut à la fois une succession de déclarations d’autosatisfactions-glorifications et de promesses de lendemains qui chantent.

En même temps, on ne peut pas dire que son auditoire était du genre contradicteur. Avec au premier rang toutes les têtes galonnées d’un régime au garde-à-vous. Pour ce petit président, il doit y avoir quelque chose de jouissif à contempler ces individualités portant médailles et galons. Bien alignées en rang d’oignons, le petit doigt sur la couture et sommées de s’extasier à l’énoncé des propositions iconoclastes du candidat à la présidence.

Il ne nous a strictement rien épargné. Inépuisable « Manu », tellement il prend de plaisir à s’écouter parler, pérorer.

Et tout y est passé. Un véritable inventaire à la Prévert. Si quelqu’un dans l’assistance avait une Mercedes à vendre, c’était le moment ou jamais.

Une longue heure d’énumération interminable. Non pas de nouveauté, mais simplement le catalogue de thèmes et de dossiers déjà en cours de traitement dans quelques bureaux obscurs du ministère. Et il y en avait pour tout le monde. Avec un soupçon d’hypocrisie, cela va de soi. Car, glorifier c’est bien, tancer ce n’est pas mal non plus (cf. le contrôle vaporeux de l’action policière).

L’homme, en la matière, se veut plus proviseur des collèges que chef d’Etat. On commence d’ailleurs à s’y habituer, venant d’un drôle de personnage qui, finalement, n’a jamais quitté la blouse d’élève sage et studieux.

Je vous épargnerai la purge qui consisterait à reprendre point par point l’énoncé des propositions et des bilans effectués par le comptable en chef. Mais il est tout de même de notre devoir de vous en décrypter l’essentiel. Exit le débat sur les places de prison en nombre largement insuffisant et dont l’absence rend toute réflexion sur la répression un tantinet illusoire.

Tout d’abord les chiffres. Il n’a rien oublié de la tactique sarkozyste qui consistait à noyer l’interlocuteur sous une montagne de bilans aussi vains les uns que les autres. A retenir de tout ce galimatias que pour « Manu » la contravention devient une sorte de remède miracle à tous nos maux.

On ne rentre plus dans les cités tenues par les dealers ? Pas grave on va verbaliser à tours de bras les acheteurs qui en sortent. On annonce ainsi des milliers de verbalisations ! Quelle blague, au regard des millions de consommateurs qui font la queue à l’entrée des dites cités. Comme dirait un criminologue éminent. Balancer des chiffres à tours de bras revient seulement à déclarer publiquement sa propre température. Nul et non avenu. Rien dans ce qu’il a déclaré ne ressemble de près ou de loin à une quelconque stratégie.

Et quelle blague que de charger DUPONT-MORETTI de réfléchir à la simplification procédurale. Lui qui n’aura eu de cesse durant toute sa carrière de la ralentir ou de l’entraver. En même temps il connaît le sujet sur le bout des doigts.

Idem pour la déflation des effectifs policiers depuis plus de vingt ans. En voilà un, en la personne de DARMANIN, qui lui aussi doit savoir de quoi on parle, puisqu’il fut un des serviteurs zélés dudit SARKOZY et donc, un des artisans du démantèlement systématique et appliqué de l’appareil policier.

Que des experts on vous dit !

Mais le vrai problème n’est pas là. Que ce président promette, à long terme, monts et merveilles, n’est pas nouveau pour un candidat en campagne. Ce qui est navrant c’est l’attitude particulièrement affligeante de l’ensemble des représentants syndicaux qui auront été mis en « garderie » durant les mois de ce BEAUVAU de la naïveté et qui sont priés aujourd’hui de congratuler le maître des horloges qui les aura tenus en laisse le temps nécessaire à l’élaboration d’un plan d’esquive. Ce n’aura été que cela. De l’esquive, du temps gagné et des caresses hypocrites à l’égard d’un corps bien utile en cas de conflits sociaux et qu’il sera bien temps de trahir le moment venu.

On le sait bien maintenant, pour contourner un problème inextricable « Manu » organise des tables rondes, des séminaires, des débats citoyens, etc etc. Ça ne résout rien, mais ça ressemble la thérapie de groupe et ça fait gagner un temps précieux.

Il n’y a qu’à voir de quelle manière se comporte ce gouvernement d’opportunistes vis-à-vis d’une partie du corps médical.

Hier, élevés au rang de héros de la nation, aujourd’hui considérés comme des parias et pour certains d’entre eux de véritables criminels. « Courbe toi fier Sicambre adore ce que tu as brulé, brule ce que tu as adoré ». L’histoire est parfois un triste recommencement.

Les mots manquent pour désigner le comportement des Véran, Salomon, Castex ou Macron. Je laisse aux lecteurs le choix du qualificatif.

Toujours est-il que le candidat macron n’a pas fini de nous gratifier de ses fameuses sorties hyper médiatisées et sur valorisées.

Où est le temps des polémistes ? Des cyniques ? Qui auraient ramené ce balai de saltimbanques au rang qui est le sien, la fosse à purin, le banquet des hypocrites, la kermesse des faux-culs.

Je le dis, et le revendique. Pour certains que nous avons déjà nommés, leur place devrait être en correctionnel. Sur ce registre la messe n’est pas dite.

L’histoire nous dira si, une nouvelle fois, nous étions dans le vrai.

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)