Depuis leurs dernières percées les verts se sentent pousser des ailes. Et bien que ce soit une victoire à la Pyrrhus compte tenu d’un taux d’abstention chronique qui devrait les inciter à la modestie, tel le corbeau de La Fontaine « ils ne se sentent plus de joie » et surtout d’orgueil.

Faisant la morale à toutes et à tous et paraissant, à l’évidence, jouir du plaisir malsain de régler leurs comptes à une société qui ne les a que trop fait languir.

Dans ce contexte, tout y passe : des menus de cantines aux décorations de Noël, en passant par les réglementations de circulation Ubuesques qui feraient rire (jaune) un cheval de bois.

Certains observateurs l’ont souligné avec humour ou cynisme : on a parfois le sentiment d’un concours à la surenchère et à la bêtise programmatique. Ce qui risque à court terme de les gêner sérieusement, d’autant plus qu’ils tentent d’éviter magistralement la dureté des réalités du quotidien. Notamment en matière de sécurité et de Justice.

Dans ces derniers domaines, leurs prises de parole et leurs réflexions reflètent non seulement de l’amateurisme, mais surtout, ils révèlent à bien des égards, un dogmatisme sectaire et borné.

On a ainsi pu le constater très récemment à l’occasion d’une interview de Yannick Jadot concernant des personnalités politiques appartenant aux « verts » qui seraient susceptibles de faire l’objet de « soupçons » quant à leur comportement vis-à-vis des femmes. Étant entendu qu’il s’agirait, en l’espèce, à tout le moins, d’accusations d’agressions sexuelles.

Des « soupçons », des « rumeurs » ? Décidemment ces néo écolos ne reculent devant rien pour faire dans la démagogie sans consistance dès lors qu’il s’agirait de satisfaire une tendance forte de leur courant politique représenté avec panache (humour) par Sandrine ROUSSEAU ou Alice COFFIN dont les fulgurantes réflexions en laissent beaucoup sans voix.

Ces pseudos défenseurs supérieurs des libertés publiques et des valeurs humanistes n’hésiteraient donc pas, sous la foi de « soupçons » ou de « rumeurs », à pulvériser un individu X ou Y sur la base de simples « soupçons ». Tiens donc ?

Et que ferait-on de la présomption d’innocence dans ce cas ? Et plus généralement des règles de droit qui fondent notre système judiciaire.

Ceci dit, il faut néanmoins reconnaître que ces derniers temps, la justice se rend davantage sur les plateaux TV que dans les prétoires de correctionnelle. Délocalisation qui n’est pas pour leur déplaire, puisque dans ce contexte, on peut alimenter un audimat qui en redemande et qui ne dispose d’aucun élément pour apprécier.

Cette inflexion doit être dénoncée. Elle est à la fois néfaste et surtout très dangereuse pour une démocratie digne de ce nom.

Si ces âmes pures et ces féministes engagées, veulent une justice efficace et solide, nous les invitons grandement à soutenir les mouvements des organisations syndicales de la justice totalement aux abois. Elle n’a plus les moyens de fonctionner et se trouve en état de clochardisation endémique depuis plusieurs années. Malheureusement, rien de sérieux n’a été enclenché pour y remédier. Les augmentations de budget sont à la fois illusoires (puisque dévolues à l’institution pénitentiaire et non au système judiciaire) et dérisoires, compte tenu de la situation actuelle.

Mais ne vous y trompez pas. Rien n’est dû au hasard. Les politiciens ont œuvré pour qu’il en soit ainsi. Trop d’enjeux, trop de risques à se faire prendre la main dans le pot de confiture. Alors qu’avec une justice qui ne peut plus fonctionner normalement, la fête peut continuer.

En conséquence nous ne saurions recommander à M. Jadot et à la quasi-totalité du mouvement qu’il représente de cesser de balancer des absurdités, de consulter des juristes (des vrais) de cesser momentanément de lorgner les étoiles, et de revenir sur terre. Cette terre qu’ils veulent justement défendre jusqu’à leur dernier souffle.

D’ailleurs sur ce dernier point, s’ils cessaient d’être dogmatiques et un peu plus pragmatiques nous y gagnerions en crédibilité.

S’il vous plaît M. Jadot, un peu de sérieux !

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)