Par une note du Directeur Général de la Police Nationale, diffusée en plein désert aoûtien pour en juguler malicieusement les appréciations, il est désormais interdit de procéder à la neutralisation d’un malfaiteur au moyen d’une clé d’étranglement.

Trois méthodes, manifestement élaborées par de grands spécialistes rompus aux techniques d’interpellation, sont dorénavant imposées :

  • L’amener au sol par pivot
  • L’amener au sol par contrôle de demi-épaule
  • La maîtrise par contrôle de la tête   

On croit rêver !

En 40 années d’exercice policier, j’en ai connu des notes de service qui faisaient le bonheur de l’esprit caustique particulièrement acéré de la profession. J’ai le souvenir de ces commissaires raillés, moqués, à jamais marqués du sceau de l’amateurisme et du ridicule pour le reste de leur carrière pour avoir rédigé des injonctions administratives dignes de figurer dans l’almanach Vermot !

Celle-ci restera dans les annales !

Il est de bon ton aujourd’hui de qualifier la classe politique dans son ensemble de « hors sol », aveuglée par des dogmes, des idéologies, ou pire, par des appréciations électoralistes conjoncturelles, mais je pensais naïvement que les hauts fonctionnaires, par la progressivité de leur parcours, leur obligatoire imprégnation du réel, échappaient à cette dérive et apparaissaient en toute circonstance comme des modérateurs éclairés justement de cette classe politique.

L’osmose semble aujourd’hui atteinte. Nous ne sommes plus « hors sol » mais « hors planète ». Méconnaître à ce point la réalité du quotidien d’un gardien de la paix au fin fond de la Seine Saint Denis ou des quartiers nord de Marseille, ignorer le niveau de violences d’une société qui n’a plus aucun repère, ne pas être conscient que les policiers aujourd’hui sont des cibles et non plus des fonctionnaires d’autorité respectés par simple réflexe grégaire, c’est faire la démonstration d’une totale incapacité à assumer des responsabilités.

Ce ne sont pas aux policiers que l’on doit appliquer une thérapie fonctionnelle. Ils ne sont que les révélateurs, les éléments de diagnostic d’un cancer dont ils sont les premiers à discerner les métastases, mais c’est vrai, on peut ignorer la maladie, mais la maladie, elle, ne vous ignore pas !

J’attends, avec une certaine impatience, le corollaire Judiciaire de cette directive policière. A n’en pas douter un Haut magistrat ne permettra pas de laisser son Institution à l’écart d’une telle initiative. J’en imagine déjà la teneur :

  • Lors d’une agression au domicile de personnes âgées, ne pas oublier de fermer la porte du portillon en partant pour ne pas laisser s’échapper l’adorable petit caniche,
  • Après un viol, prendre les coordonnées de la victime pour lui envoyer des fleurs,
  • Si on a une pulsion meurtrière à cause d’une perte de discernement, privilégier l’arme à feu plutôt que l’arme blanche pour limiter les manipulations ensanglantées des intervenants,
  • Lors des vols à main armée utiliser des masques de carnaval plus festifs et moins traumatisants que des cagoules noires
  • En cas de refus d’obtempérer prendre soin de relever le numéro d’identification du policier pour faciliter le dépôt de plainte ultérieur pour dégradation de véhicule

On vit une époque formidable !

 

Maurice SIGNOLET

Maurice SIGNOLET

Maurice SIGNOLET

Commissaire Divisionnaire Honoraire