Depuis plusieurs semaines nous avons droit aux professions de foi de la part des candidats engagés dans la course à la présidentielle. Toutes, et tous saturent, à leur manière, l’espace médiatique, qui en profite pour éviter d’évoquer avec une sorte de grâce malsaine les véritables sujets qui font mal.

Alors qu’hier, l’ensemble des corps qui constituent le fer de lance de la magistrature manifestait, comme rarement il lui est arrivé de le faire, pour défendre une Justice au fonctionnement digne de ce nom, aucun des médias mainstream ne s’est donné la peine d’accorder une couverture honorable.

Au lieu de cela nous avons eu droit à des heures de reportages au sujet de l’affaire Jubillar qui n’a pas progressé d’un pouce. Mais peu importe. Même sans avoir rien à dire, chacun des médias y a consacré l’essentiel de sa programmation.

Et comme si cela ne suffisait pas, le chapitre COVID a pris le relais. Il ne s’agit plus de médias d’infos, mais plutôt de la revue « Détective » réinventée au goût du jour. Histoire de maintenir l’opinion publique dans la droite ligne de ce que décide le gouvernement. Pour que la partie saine de notre cerveau soit totalement anesthésiée et tétanisée par la trouille virale.

Tout cela n’est que manigance et manipulation politique. Ce ne sont que des faux-semblants.

Nous avons le devoir d’exprimer une opinion toute autre. Libre, sans entrave et sans influence.

J’accuse ce gouvernement de sacrifier l’intérêt général au bénéfice de lobbys ultras libéraux dont l’objectif final est de mettre la main sur ce qui faisait la particularité sociale de notre pays.

J’accuse ce gouvernement, mais également ceux qui l’ont précédé, de piétiner avec cynisme et ironie l’engagement de celles et ceux qui composent les institutions du service public.

Et ce, en détruisant systématiquement l’institution police au bénéfice de structures privées de sécurité et de polices municipales qui ne sauraient se substituer sérieusement à la police nationale.

J’accuse ce gouvernement, et ceux qui l’ont précédé, d’organiser méthodiquement la paupérisation de l’institution justice qui manquent des moyens minimums et essentiels pour rendre une justice digne de ce nom.

J’accuse ce gouvernement de jeter en pâture les institutions police et justice aux critiques partisanes de tous les groupes de pression qui n’ont de cesse d’en faire le procès moral en ignorant les difficultés structurelles qu’elles connaissent.

J’accuse ce gouvernement d’avoir nommé à la tête des ministères concernés des personnalités partisanes et inadaptées qui n’ont et n’auront jamais la volonté de régler quelque problématique que ce soit. Darmanin, pour avoir participé en son temps au démantèlement de l’outil police et plus globalement sécuritaire. DUPONT-MORETTI pour avoir intérêt, au titre de son véritable métier, à placer son ministère dans un état de désolation auquel il a personnellement participé. Roi des Tartuffe, il joue parfaitement son rôle de triste saltimbanque.

J’accuse les gouvernances passées pour avoir contentieusement pulvérisé l’ensemble du service public pour nourrir des organismes privés.

J’accuse ce gouvernement et ceux qui l’ont précédé d’anéantir le service hospitalier, et plus généralement les métiers de la santé pour qu’un jour tout revienne dans le giron de structures privées pour lesquelles, seule la rentabilité comptera.

Ils n’ont ainsi pas hésité à humilier celles et ceux qui consacrent quotidiennement leur vie et leur santé au bénéfice des patients. Pas seulement en imposant des obligations vaccinales, mais aussi, et surtout, en les moquant par un pseudo Ségur de la santé qui n’a débouché que sur des ersatz de propositions.

J’accuse les syndicats de police d’avoir été complices d’une mascarade de concertation au cours du Beauvau de la sécurité qui n’aura eu pour objectif que de mettre ces dits syndicats en « garderie », en échange d’avantages particuliers. Nous les avons largement évoqués dans ces colonnes.

Ils contribuent largement, par leurs trahisons permanentes, à la destruction systématique de la police nationale au bénéfice d’organismes privés qui les accueillent à bras ouverts pour des recyclages rémunérateurs.

Nous nous préparons à élire, ou réélire, celui ou celle qui aura bientôt les destinés de notre nation pour cinq ans. Ne vous y trompez pas. Ici pas de naïveté. La question n’est pas de savoir s’ils nous trahiront. Ils l’ont tous fait. De la gauche jusqu’à la droite.

Mais quand ?

N’hésitez pas à harceler les candidats que vous aurez l’opportunité de croiser pour savoir leur vision de ce que sera la France de demain. Start-up nation ? Ou société solidaire ?

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)