Hier encore, trois autres victimes se sont ajoutées au bilan tragique des règlements de comptes en série qui frappent Marseille.

Pour que le tableau soit complet l’une d’entre elles a été exécutée comme dans ce qui est décrit dans le film “Bac nord”, brulée vive dans une voiture. Comme quoi la réalité dépasse la fiction, ou du moins s’en inspire largement.

Même si notre ministre de la Justice ne voit encore dans ces faits qui s’enchaînent qu’une vague illustration d’un sentiment d’insécurité, les faits restent têtus et s’imposent aux délires politiques les plus fantasques.

Il faut se rendre à l’évidence la situation de certaines de nos villes relèvent plus de l’abandon en rase campagne qu’à des errements de politiques fictions.

Dans ce registre, disons-le tout net, ils sont tous coupables d’avoir été à l’origine de cet état de fait. Soit par naïveté coupable soit par calcul politicien honteux.

Sur le registre de la naïveté, les partis dits de gauches républicaines sont coupables de dogmatisme criminel en refusant de voir dans les délinquants, que rien n’arrête, des individus qui ne craignent ni Dieu ni Diable. Ces engeances ne redoutent rien d’un État dont ils contestent ouvertement l’autorité et qui trop souvent les a accompagnés dans leurs délires criminels.

Sur le registre du dogmatisme hypocrite, nous avons la droite dite également républicaine, qui, sous le couvert d’un réalisme budgétaire a coupé à coups de serpe dans les budgets et les effectifs d’une police à la dérive. Tout en accompagnant ce réalisme économique d’une politique du chiffre honteuse qui a ramené l’action policière à son degré zéro. Pour rappel les injonctions d’un Sarkozy hystérique dont les gesticulations n’ont eu pour effet qu’un trafic éhonté des chiffres de la délinquance. L’objectif caché était un électoralisme de bas étage. Nous pourrions écrire longuement sur le sujet, mais nous nous contenterons dans ces lignes de dénoncer que ce sont aujourd’hui les mêmes qui exigent une grande fermeté pour l’action d’un état qu’ils se sont acharné à affaiblir.

Nous les renvoyons tous dos à dos en affirmant qu’ils sont tous coupables des morts qui s’additionnent sous nos yeux.

La situation dans ces villes et ses quartiers est le résultat direct d’un abandon dont souffrent quotidiennement des populations entières laissées à leur triste sort.

Au nom de ces familles qui subissent cette dictature de la voyoucratie, au nom de ces familles qui enterrent les morts d’une société aveugle, nous les incitons à se retourner contre un État démissionnaire.

Nous les encourageons à se constituer en associations et à déposer plainte contre l’État pour les faits de « non-assistance à personne en danger ». Pour le motif que le constat que nous faisons tous n’est pas dû au hasard, mais qu’il résulte concrètement d’un cynisme inique uniquement motivé par des considérations financières.

Des pans entiers de la population se voient contraints de subir la loi des gangs lourdement armés et bien décidés à régenter l’espace laissé libre par une République dévoyée, et trop souvent corrompue.

Corrompue par des accointances locales qui permettent à quelques élus de grappiller des suffrages obtenus en fermant les yeux sur les activités de familles largement financées par les deniers des finances publiques.

Quelle mascarade d’entendre certains faire la morale ou donner la leçon à la terre entière, alors que dans nos cités la pire racaille a table ouverte auprès de ceux qui ont mandat de les représenter et de les défendre.

Devant ce triste constat des actions en justice peuvent être menées.

Il n’est pas acceptable de laisser ce sinistre spectacle perdurer.

Les citoyens de ce pays doivent mettre en demeure l’état d’exercer son autorité et de tout simplement faire appliquer la loi.

Des secteurs entiers se sont vu dépouiller des services de police de proximité. De plus en plus de commissariats sont contraints de fermer la nuit, faute de personnel. Quelle triste comédie d’entendre une Préfète déclarer, en bombant le torse, qu’elle dispose de deux compagnies de CRS pour endiguer le crime à Marseille. Sans blague ? Depuis quand des CRS ont été formés à combattre le grand banditisme ou le trafic en bande organisé ?

Cela suffit !

Malheureusement pour nous notre président se contente de déclarations purement formelles et n’a rien trouvé de mieux que de nommer un avocat bouffi d’orgueil et un drôle de ministre de l’Intérieur qui a fait partie des équipes sarkozystes qui ont démantelé consciencieusement les services de police localement implantés. Faudra-t-il changer de président pour que la population française bénéficie enfin du secours qu’elle est en droit d’attendre ? C’est possible.

En attendant, rien ne se fera sans des initiatives populaires dignes de ce nom. Et cela peut passer par des actions en justice.

Alors nous le disons tout net. Réveillez-vous, et cessez de subir des discours vides de sens qui ne sont portés que par du vent. De volonté réelle, il n’y en a pas.

Car, il n’y a pas qu’à Marseille que le l’incendie s’est déclaré. Partout en France, des quartiers et des cités entières sont hors du champ de l’action républicaine, et nous l’affirmons encore, il s’agit d’un abandon volontaire, d’une mise en danger voulue et assumée par un pouvoir qui a tourné le dos depuis bien longtemps.

Depuis une trentaine d’années, les politiciens, de tous poils et de toute obédience, ont tracé une frontière civique entre une certaine frange de la population bien préservée derrière un rempart de garde chiourmes, et une autre laissée à son triste sort, gavée de sous-culture abrutissante et démobilisatrice.

Humblement, mais fermement, nous le disons, il faut s’organiser pour mettre les gouvernants devant leurs responsabilités et agir en justice si nécessaire.

A vous de voir, et de juger.

Jean-Pierre Colombiés

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant Divisionnaire Honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)