Qu’elle soit au pouvoir ou dans l’opposition, la classe politique a entrainé la police dans une situation ambiguë.  Alors que l’insécurité explose à tous les coins de rues, les forces de l’ordre sont employées à traquer les gens ordinaires pour vérifier qu’’ils sont bien détenteurs du fameux QR- code, nouveau sésame de la liberté d’aller et venir.

Pour pléthore de nos compatriotes, la police constitue le dernier rempart à la montée inquiétante de l’insécurité, une des préoccupations principales des Français.

Paradoxalement, ces contrôles au QR-code vont amplifier la dégradation du lien déjà ténu qui lie la police et la population.

Au cours de ces longs discours sur la pandémie, on aura pu observer avec une certaine délectation, le mutisme des bonnes âmes de la bien-pensance qui ne semblent guère choquées de la multiplication des contrôles. Sans oublier de souligner, la fantaisie de ce gouvernement qui était prêt à donner des prérogatives aux garçons de café pour contrôler les identités ! Pourtant, les mêmes « inquisiteurs des temps modernes », il y a encore peu temps s’époumonaient à décrier les contrôles d’identité qu’ils qualifiaient de contrôles aux faciès !

Force est de constater que les pouvoirs publics dans leur ensemble, les médias et aujourd’hui le Peuple se méfient de l’institution policière qui est d’ailleurs remise en cause de manière récurrente.

Cette situation ambiguë dans laquelle on aime la Police autant qu’on la déteste n’a rien d’anodine.

Elle est la résultante de ce qu’on peut lire de manière habituelle et compassionnelle avec outrance dans les médias main Stream, à l’intention aussi bien des petites racailles que des délinquants chevronnés, s’évertuant à « victimiser » ceux qui seraient quotidiennement pourchassés sans raison par les forces de l’ordre ! 

A la lecture de nombreux articles de presse, on constate que les journalistes ne retiennent même plus leurs écrits et n’ont que de cesse d’accabler avec une extrême sévérité les policiers, qu’ils trainent sans état d’âme dans la boue… 

L’article publié par le quotidien « la Provence » en date du samedi 7 Août résume à lui seul le fait que les journalistes ne retiennent même plus leur plume, le ton accusatoire est de rigueur, les policiers semblent avoir commis la faute et l’irréparable, et ces messieurs de la presse écrite franchissent allégrement le Rubicon de la lapidation des policiers en place publique ! 

Contrairement au Garde des sceaux ou encore au Ministre de l’intérieur, la présomption d’innocence ne semble pas s’appliquer pour les « oppresseurs des victimes » de la société ! Bien au contraire, la présomption de culpabilité est devenue la norme pour les policiers sans autre forme de procès ! 

Dans l’article référencé, les mots employés sont accablants envers les forces de l’Ordre. « L’auteur d’un délit pénal est une victime au volant de son véhicule…. « Ils avaient l’air très tendus » sous-entendant que les policiers étaient agressifs, prêts a en découdre coûte que coûte.

À croire que les policiers sont venus tourmenter la tranquillité d’un automobiliste pour l’achever de sang-froid d’une balle ! Et ça continue… Face à ce qui s’apparente à une bavure policière… Même chez nous (dans le 93) La Police ne tue pas pour un contrôle routier… Et blablas, Bla…

Alors que les médias n’ont de cesse d’écrire que la Police doit améliorer le dialogue avec les « jeunes », ces propos ainsi rapportés dans cet article auront eu pour voie de conséquence de déclencher l’ouverture de la chasse aux flics sur Snapchat à Marseille…

Au moindre incident, les policiers sont soupçonnés d’avoir commis l’irréparable bavure policière; la version des témoins ou des délinquants, dans de nombreux cas, est jugée aussi crédible par les journalistes que la version des policiers. Mais pire encore, sur le plan judiciaire, les juges vont traiter sur le même plan les deux parties. 

Aux yeux du système, à chaque intervention nécessitant l’usage légitime de la force, le doute s’est installé sur la légitimité de l’action policière qui ne peut être que brutale et provocatrice…

De surcroit, les convictions politiques et sociologiques de certains magistrats se traduisent par des peines dérisoires à l’encontre des délinquants décrédibilisant de fait le travail de plusieurs mois d’enquête. 

Ajoutons que cette inversion des valeurs est encore aggravée par le peu de soutien d’une certaine hiérarchie policière. « Ces messieurs, les ronds de cuir de la police feutrée » adeptes du « surtout pas de vagues » pour un déroulement de carrière sans encombre et dont la seule ambition est d’obtenir la rosette à la boutonnière !

Ces fonctionnaires ne sont policiers qu’au cours de repas en famille entre la poire et le fromage, se faisant passer devant leur auditoire pour des flics qu’ils n’ont jamais été ! Le reste du temps, ils traquent les « poulets » qui osent faire de la police ! Envoyer du flic à l’IGPN est devenu une obsession pathologique !

À la moindre anicroche, les forces de l’ordre sont abandonnées par le pouvoir en place et par la classe politique, tous se défaussant sur la justice. Pour toute cette classe politique, peu importe que les forces de l’ordre travaillent dans des locaux vétustes, exercent leurs missions trop souvent sans le soutien de leur hiérarchie, des autorités, ni des magistrats, … avec des moyens obsolètes, limités aussi bien en personnels qu’en moyens matériels… le tout au détriment de la sécurité quotidienne des français.

Il est plus que légitime de dénoncer cette injustice que vivent au quotidien les membres des forces de l’ordre. Nos gouvernants n’arrêtent pas de les enjoindre de faire le sale boulot lié aux manifestations des gilets jaunes à l’épidémie du Covid_19 et d’exécuter en même temps leur principale mission contre une délinquance de plus en plus violente. 

Jusqu’à présent, les forces de l’ordre s’étaient habituées au désengagement de l’État du régalien, de la traitrise des politiques, de leur hiérarchie, de la justice, de la morgue des médias, de la haine de la racaille mais aujourd’hui les forces de l’ordre ne s’attendaient pas que ce soient les Français qui les abandonnent… Un pas de plus a été franchi vers le chaos.

Il est temps de sauver l’institution policière avant qu’il ne soit trop tard !

Frank Martin

La Provence samedi 7 Août 2021

« La Provence » du 7 août 2021

Frank MARTIN

Frank MARTIN

Directeur de la publication