Les autolyses, aussi bien dans la Police que dans la Gendarmerie, suggèrent, au fil de leur comptabilisation statistique, un constat dual :

Un mal être latent « institutionnel » résultant d’une déconsidération sociétale majeure des fonctions d’autorité et d’un « envahissement psychologique du quotidien » lié à la proximité de la violence des auteurs d’exactions et corrélativement de la désespérance des victimes.

Ce camaïeu mortifère, dans un contexte de solitude affective, de difficultés relationnelles aussi bien familiales que professionnelles ou de submersion personnelle, conduit aux extrêmes d’autant que l’arme, prolongement tout aussi matériel que symbolique de l’engagement, est à portée de main.

Il est extrêmement difficile, dans des Institutions où les exigences d’équilibre sont essentielles et dont les manquements sont au mieux raillés ou pire sanctionnés, de déceler bien en amont les signes avant coureurs de ces extrémités. Qui plus est, ces mêmes exigences suscitant un affichage de circonstance, la dissimulation du déséquilibre personnel n’en est que plus prononcée.

Toute initiative visant à prévenir, par des moyens managériaux adaptés, ces drames sont bien sur à valoriser, mais en en relativisant la putative efficacité globale. A cet égard les gesticulations ministérielles sont pathétiques !

Seules, la restauration de l’autorité, et son corollaire la réhabilitation de la sanction, redonneront à nos forces de l’ordre leur statut de régulateurs sociétaux à l’incontestable légitimité. Ce « mieux être » Institutionnel se révélera d’une bien meilleure thérapie que tous les placebos  envisageables…

Maurice SIGNOLET

Maurice SIGNOLET

Commissaire Divisionnaire Honoraire