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« Quand les salauds passent par là ! »

Berthe avait 91 ans, se déplaçait en déambulateur et ne demandait probablement qu’à terminer sa vie paisiblement. Quoi de plus naturel pour une vieille dame que de gouter au plaisir simple de laisser le temps glisser. Sans heurts, sans haine.

Seulement voilà.

Berthe ne se doutait certainement pas, que derrière elle, planqué comme un rat, se tenait une espèce de fauve à l’affut. Et ce fauve a saisi l’occasion de violer sa demeure et son corps.

Cette engeance ne s’est pas contentée de la voler, il en a aussi profité pour la tabasser, il devait craindre qu’elle ne se défende violement, et finalement la violer. Le tableau des horreurs que Berthe a subi dépasse l’entendement, et nous avons tort de le qualifier de fauve, car même les bêtes ne font pas cela.

Au terme de son calvaire Berthe s’en est allée. Et si elle était croyante, nous lui souhaitons de reposer dans des plaines de douceurs et d’apaisement.

Quant au super-héros, auteur de ces actes abjects, il n’est qu’une seule consolation. Il a été arrêté.

Constat édifiant, il s’agit d’un SDF déjà bien connu des services de police. Raison pour laquelle il a été identifié et interpellé si rapidement. Une nouvelle fois il s’agit d’un multirécidiviste, serait-il étranger en situation irrégulier ? Ce serait la totale.

Nous policiers, nous le savons, ce type d’agression ultraviolente ayant la mort comme issue est loin d’être isolé. En revanche, les victimes n’ont pas toutes la notoriété qui leur permettrait d’avoir toute l’attention des chaines d’info en continue et encore moins à la compassion généralisée.

Ce nouveau fait divers, qui n’a quasiment pas fait parler de lui, tombe au mauvais moment il faut bien le reconnaitre. Cerné qu’il est, entre les passes d’armes politiques et le début de la coupe d’Europe de football. Berthe finit sa vie comme elle a vécu, dans l’anonymat.

Mais nous, dans ces lignes, nous tenons à lui dire que n’avons pas l’intention de garder son martyr sous silence.

Nous dénonçons ces faits immondes et souhaitons que justice soit rendue. Non seulement en exigeant qu’elle aille jusqu’au bout de son processus et surtout que les politiques se décident à exister au lieu de s’agiter. Il y aura encore des leçons à tirer.

La première consiste à exiger que le ministre Éric DUPONT-MORETTI présente immédiatement sa démission.

Plusieurs raisons se suffiraient à elles-mêmes pour justifier cela.

En effet, ce monsieur n’a jamais pris la mesure de ce que représentait sa fonction ministérielle. Il était et reste un avocat au service de ses principes mercantiles en mêlant dangereusement les genres. La teneur des propositions de lois qu’il porte en sont la démonstration évidente. Ses conflits d’intérêts sont évidents et devraient être l’objet de recours qui tardent à venir.

Démission, car il n’a de cesse de nier qu’il existe désormais en France un phénomène criminogène jamais égalé, et qu’il ne s’agit pas en la matière de sentiments d’insécurité.

Démission, car le rôle d’un ministre de la Justice n’est pas de distribuer des tracts électoraux sur les marchés. La situation en France est explosive. Il nous faut des hommes responsables aux manettes.

Démission, car il expose dangereusement l’intérêt général à l’avantage de particuliers mis en cause dans le cadre d’affaires judiciaires.

Démission, car sa présence seule est une provocation à l’égard de l’institution de la justice qui n’en demandait pas tant.

La justice a besoin de moyens, en personnels, en logistique. Elle se serait bien passée d’un Falstaff triste et rancunier.

Dans ce domaine, lui et son compère DARMANIN doivent allègrement se moquer des gesticulations des uns et des autres qui les imaginent adversaires idéologiques. Les choses sont claires. Ils œuvrent dans le même sens. Le désavoue du service public.

Tout cela ne ramènera pas Berthe à la vie, mais sa mémoire devrait inciter le pouvoir à nommer des gens sérieux et responsables à ces postes vitaux pour la démocratie.

Jean-Pierre Colombiès

Commandant divisionnaire honoraire

Membre du collectif  « confiance en la justice.com »

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant divisionnaire honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)