NDLR : le respect des règles de distanciation et des gestes-barrières qu’il nous impose depuis quinze mois aurait évité ce genre de mésaventure…

Photo : Batman et Robin dans la bande dessinée comics créée par Grant Morrison

Décryptage

Quel bonheur pour les chaînes d’infos en boucle.

Une gifle assénée au président de la République. Jupiter souffleté.

Quelle émotion, quel attentat !

La France frémit à l’idée qu’il eut pu arriver quelque-chose de grave au « phare » républicain.

Nous nous garderons de spéculer quant à l’opportunité de ce geste brutal, qu’il ne s’agira pas d’excuser dans ces lignes, vers un président à la popularité variable.

Mais force est de constater qu’il va probablement alimenter un courant de sympathie mécanique et habituel en la matière.

En dehors de ces considérations, tentons de nous livrer à un petit décryptage de l’évènement au retentissement planétaire, et inspirons-nous des images qui nous sont infusées H24.

Nous y voyons un jeune homme fringant, sorti de sa voiture, comme un diable sort de sa boite, qui court à en perdre haleine, vers une barrière de sécurité derrière laquelle se trouvent des quidams qui n’en demandent pas tant.

Parmi eux, un apprenti « Damien », nouvelle mouture qui a dû se demander l’espace d’un instant, pourquoi ce drôle de président s’est quasiment jeté dans ses bras. Même Louis XV n’en fit pas autant.

Petite parenthèse technique. Pour les services de sécurité d’un président, ce type de situation est un cauchemar. Tous, le diront et le confirmeront. Quand un président veut serrer des mains inconnues, tout, absolument tout, peut arriver.

Quelqu’un a dû oublier de le souffler à l’oreille d’un président qui semble n’avoir jamais su, une chose fondamentale dont il ne comprend pas les contours (Malheureusement ce n’est pas le seul domaine), son corps ne lui appartient pas. Être Président, n’est pas le résultat d’un concours de circonstances politiques. C’est bien plus. Il s’agit pour lui d’incarner, pas sa personne, mais une nation.

Un chef d’État, digne de ce nom, ne doit en aucun cas s’exposer, au risque que ledit État y perde son chef, en l’espèce être chef d’État n’est pas synonyme d’être président d’une start-up.

Nous, Français que nous sommes, nous n’avons pas de chance. Entre un président immature qui court après une destinée, et une opposition politique totalement hors-sol, à l’image de ce trublion de Jean-Luc Mélenchon qui hurle à qui veut l’entendre que la violence d’extrême droite révèle enfin son vrai visage, et s’attaque aux fondements de l’ordre républicain.

Celui qui se voit comme un leader de la gauche toute entière, porte-drapeau d’une nouvelle révolution sociale, n’est rien d’autre qu’un révolutionnaire en peau de lapin, un Che Guevara des bacs à sable.

Rappelons également que ce monsieur est un politicien professionnel qui a servi d’anciens maîtres et n’a jamais exercé de véritables métiers en dehors des mandats gracieusement offerts par les urnes. On a les révolutionnaires qu’on mérite.

Ce saltimbanque qui prend aujourd’hui des poses à la Lénine (voir les photos extraites de ses discours) tente par tous les moyens d’exister. Et seulement cela. Au-delà, rien de rien, puisque ce monsieur a antérieurement validé toutes les propositions mettant la France sous dépendance de l’union européenne, et donc sa politique financière anti-service public.

Il dénonce une violence et un terrorisme d’extrême droite.

Ce serait presque comique si les chiffres ne le désavouaient grandement :

Morts dus au terrorisme fasciste en France : 0

Morts dus au terrorisme islamique en France : Plus de 200

Choisi ton camp camarade.

A l’évidence il l’a choisi. Tout comme notre président qui a choisi d’adopter des attitudes provocatrices et dangereuses qui l’ont amené à être giflé.

Juste un conseil monsieur le Président : Ne faites pas tout pour en recevoir !

Quelques recommandations de base :

  • Évitez des prises de paroles immatures et causes de troubles. Y compris en matière historique.
  • Cessez de réprimer toutes les manifestations sociales par des charges de hulans, oups pardon, par des voltigeurs «nouvelle vague», vous érigeant en symbole de l’ultra violence politique, que vous assumez par ailleurs.
  • Représentez dignement la fonction qui ne doit en aucun cas être rabaissée au niveau où vous la conduisez !

Pour conclure, rappelons à ces politiciens en charentaises, que la politique, fut de tous temps, violente, bien plus qu’aujourd’hui. Cette violence se manifesta par des bombes lancées à l’Assemblée nationale et deux assassinats de présidents commis par des anarchistes. En comparaison, elle fait pâle figure cette gifle.

Il n’est pas question pour nous de l’excuser, mais seulement de la replacer dans son contexte.

 

S’ils veulent qu’il en soit autrement, que nos politiciens se ressaisissent et retrouvent un semblant de dignité.

Ce serait déjà un commencement.

 

 

PS: Pour ceux qui seraient intéressés à comprendre le moteur de la pensée macroniste, nous recommandons la lecture ou la relecture de Paul Nizan : « Les chiens de garde ».

Jean-Pierre COLOMBIES

Jean-Pierre COLOMBIES

Commandant de police honoraire

Porte parole de l’association de policiers UPNI (Union des policiers Nationaux Indépendants)