Christophe Colomb a mis dix ans, au cours de quatre voyages, pour découvrir le Nouveau Monde, et il est même mort lors de son dernier périple sans savoir qu’il l’avait découvert.

Aujourd’hui notre Héraut Élyséen a mis, sans prendre le bateau et traverser les mers et ses dangers, quatre années et cinq mois pour découvrir un pays, la France, sinistrée et en danger de mort. Si j’osais, je risquerais une plaisanterie stupide, que contrairement à Christophe Colomb, il n’a pas pris le bateau, mais plutôt « il nous a mené en bateau », toutefois la gravité de la situation sécuritaire de notre pays doit primer sur ces fariboles faciles.

Depuis le 14 mai 2017, force est de constater que le nouveau pouvoir élyséen a quelque peu ignoré la situation pénible vécue par plus de 60 millions de français, sinon que d’avoir glissé quelques phrases assassines, tançant les policiers au nom d’une « une violence et d’un racisme systémique », notamment à propos de l’affaire Zecler (21 novembre 2020).

Poursuivant trait pour trait la politique de ses prédécesseurs en la matière, le Président et son gouvernement ont laissé les trafics en tous genres se développer et prospérer, notamment le trafic de stupéfiants qui a conforté l’image de la France comme plaque tournante européenne de la drogue.

L’Exécutif a laissé plus de 700 quartiers s’installer durablement dans un communautarisme exacerbé, où les caïds et les dealers font régner leurs lois, foulant aux pieds celles de la République. L’économie souterraine, le radicalisme islamique, la charia même, sont les nouveaux paradigmes de ces cités que les voyous contrôlent par la peur, les menaces, les représailles, emprisonnant ainsi la quasi-totalité des populations qui y habitent.

Par ailleurs, dans ces grands ensembles, les jeunes « décrocheurs » de l’école ont trouvé de nouveaux débouchés grâce aux trafics, et le maniement des kalachnikov a remplacé l’instruction en français, en maths et en histoire. Quant à certaines mères de familles, elles arrondissent leurs revenus en devenant des « nourrices ».

Enfin, l’immigration sauvage et clandestine sévit et augmente de plus en plus, et nos tribunaux rendent les mesures administratives et judiciaires de refoulement et d’expulsion inopérantes, ce qui favorise cette invasion, laquelle débouche sur une criminalité violente, sanglante, et sert de main d’œuvre aux organisations terroristes.

Et cependant, la situation de notre pays est aujourd’hui traitée avec dédain et cynisme par les hautes sphères politiques qui nous gouvernent. Au pays des Lumières, et jadis de l’État de Droit, on pille, on tue, on assassine, on égorge, on viole, on brûle des honnêtes citoyens ainsi que leurs biens, et cela sans vergogne et dans une quasi-impunité totale. Mais il vrai qu’au « Château », on ne peut s’occuper de tout, d’un côté, s’amuser, plaisanter et rire avec les youtubeurs Carlito et Mc Fly, et par ailleurs, veiller au salut de la Patrie, qui en a le plus besoin, perdant peu à peu ses repères culturels, immigrationnistes et identitaires…

Cela étant, le premier magistrat de France a oublié, semble-t-il, ses prérogatives constitutionnelles, lesquelles en vertu de l’article 5 de la Constitution de la Vème République, disposent : « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. ». Par ailleurs, il promulgue les lois et veille à leur application, toutes Les lois, les lois pénales comprises.

Et puis, comme une divine surprise, sept mois avant l’élection présidentielle, nous avons assisté à un changement de posture à l’école de police de Roubaix, il y a quelques jours, et devant un parterre de policiers il a été proclamé des mesures fracassantes. On va voir ce que l’on va voir ! Après Marseille, qui a été mise en tutelle à la fin du mois d’août, le Pouvoir va s’occuper du reste de l’Hexagone. Tout y passe, un véritable catalogue de La Redoute, si ce n’est que les articles promis seront livrés très tard, et sans doute jamais, comme le doublement des effectifs de police et de gendarmerie  » sur les dix ans à venir »….

De qui se moque-t-on à l’annonce de ces mesures aussi illusoires, c’est du Peuple Français, pour qui le miroir aux alouettes est cassé depuis longtemps. Notre Héraut est sorti de son rôle étatique et constitutionnel, car au lieu de s’en tenir « à fixer les grandes orientations de politique générale » qui lui sont assignées par la Constitution, il s’est substitué à son gouvernement et au Ministre de l’Intérieur, lequel était parfaitement légitime pour annoncer les réformes à faire et fixer un calendrier précis d’application.

Le fait est que beaucoup trop de temps a été perdu, notamment avec l’organisation du Beauvau de la Sécurité qui n’a servi à rien, sinon servir de satisfecit à la communication gouvernementale avec la complicité active des syndicats de police qui auraient du refusé d’y participer dès le premier jour.

Aujourd’hui le temps presse, policiers, gendarmes et l’ensemble des forces de l’ordre doivent être fixés sur leur sort, sur leurs missions, sur la complémentarité de leurs actions, de leur place dans la société, de leur proximité avec leurs concitoyens, et surtout de leurs rapports avec la Justice, question cruellement absente du discours présidentiel.

 Certes des mesures en termes d’investissement pour les équipements de la police et de la gendarmerie sont réalisables à court terme, ne nécessitant que des ajustements budgétaires. Il en est de même du renforcement de la formation des policiers, de la mise en place d’un commandement de terrain, de la création des Directions départementales de la Police Nationale, du renforcement de la réserve opérationnelle, qui ressortent du domaine réglementaire, mais d’autres nécessitent des aménagements législatifs qui ne vont pas se faire un seul jour; quant à celles qui ont été renvoyées à l’examen des Etats Généraux de la Justice, et qui sont très importantes (formation des OPJ, allègement et simplification de la procédure pénale), c’est une autre paire de manches !

En conclusion, cette pantomime roubaisienne n’a débouché que sur un embrouillamini de réformes qui, sauf quelques rares exceptions, n’aboutiront pas en raison de la proximité de l’élection présidentielle et de ses lendemains.

À faire trop de promesses, on perd toute crédibilité, et je ne peux m’empêcher de penser à La Bruyère qui dans ses Caractères écrivait justement : «  Il coûte si peu aux grands à ne donner que des paroles, et leur condition les dispense si fort de tenir les belles promesses qu’ils vous ont faites, que c’est modestie à eux de ne promettre pas encore plus largement. (6-IV) ».

Les membres des forces de l’ordre de notre pays méritent mieux, en considération, en soutien, et en réarmement moral. Ils souffrent énormément en cette période de vacuité politique, et de faiblesse de l’Exécutif, et la très grande majorité de la population souffre également. Mais je ne veux pas croire que tout soit perdu, bien au contraire, car la nature a horreur du vide, et tôt ou tard des élites conscientes de leurs responsabilités et de la pertinence de leur combat prendront la relève de ceux et celles qui n’ont été que des substituts, mais le temps presse, et l’urgence du renouveau se fait sentir.

« Gouverner c’est prévoir. Ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte. ». Cette phrase prononcée par Adolphe Thiers mériterait d’être remise au goût du jour.

Claude Dupont

Claude DUPONT

Claude DUPONT

Commissaire divisionnaire honoraire